Résurgence de l’herboristerie

par Frédéric Robert
Résurgence de l’herboristerie
À la fois l’art et la science de soigner par les plantes et vraisemblablement la plus vieille forme de médecine pratiquée par l’humanité, l’herboristerie s’était vue reléguée au rang de folklore avec l’avènement de la médecine moderne et des médicaments de synthèse. Du coup sa pérennité s’en trouvait menacée.

Or, en ce début du nouveau millénaire, on assiste à un regain d’intérêt marqué pour ce savoir ancestral, un retour aux vieux remèdes de grand-mères et à la redécouverte des vertus de certaines plantes perçues par la majorité comme d’indésirables mauvaises herbes (telles l’ortie, le pissenlit, le plantain…).

Ce regain peut s’expliquer par un certain désillusionnement face à la capacité de la médecine moderne à réellement guérir (et surtout sans une panoplie d’effets secondaires!), par le manque de transparence et l’absence criante d’éthique des compagnies pharmaceutiques, ainsi que par l’attitude trop souvent condescendante des médecins, avec lesquels il s’avère difficile de dialoguer.

Et portée par le vent de globalisation qui souffle à l’échelle planétaire, notre herboristerie d’ici s’en trouve bonifiée par l’ajout de plantes venues des quatre coins du globe et de concepts empruntés à d’autres approches alternatives telles la médecine ayurvédique et la médecine chinoise (on peut penser entre autres aux notions d’énergétique et de correspondances entre les organes et les émotions).

Qu’est-ce qui distingue l’herboristerie de la médecine conventionnelle?

Eh bien on pourrait dire qu’il s’agit en général d’une approche plus douce (ce qui n’exclut pas que certaines plantes agissent puissamment ou puissent provoquer des réactions intenses!), qui va axer autant sur la prévention (le terrain, l’hygiène de vie) que sur le soulagement des symptômes et le traitement des maladies, qui va chercher autant à nourrir qu’à guérir le corps, et qui s’emploie essentiellement à rétablir l’équilibre et l’harmonie (ou l’homéostasie, pour employer un terme plus savant) au sein de l’organisme.

Une approche qui se veut plus simple, également, à la portée de tous. Ainsi, nul besoin d’un laboratoire pour préparer des remèdes à base de plantes! La méthode de base pour extraire les propriétés des plantes, en l’occurrence l’infusion, ne requiert qu’une simple tasse d’eau bouillie dans laquelle on laissera tremper d’une cuillère à thé à une cuillère à table de plantes sèches pour une dizaine de minutes. On peut aussi faire des infusions à l’eau froide avec certaines plantes, notamment celles qui sont riches en huiles essentielles ou en mucilages, en les laissant tremper toute une nuit.

Un concentré liquide, quant à lui, sera obtenu en laissant macérer la plante dans un alcool neutre (comme le gin ou la vodka) ou encore du vinaigre de cidre de pomme pendant trois semaines à un mois. Il s’agit ensuite tout simplement de filtrer. Le concentré qui en résulte, appelé une teinture, se conservera pendant plusieurs années. En bref, rien de bien sorcier!

Un choix à la fois éthique et logique

Même si la science moderne n’accorde aucun poids à la tradition et au savoir empirique, des milliers d’années d’utilisation des plantes à des fins curatives témoignent de leur efficacité. Il fut un temps où l’être humain faisait confiance à la nature pour pourvoir à tous ses besoins. L’ère moderne et l’industrialisation nous ont éloigné de ce rapport harmonieux avec notre environnement, avec les conséquences écologiques que l’on connaît. Choisir de se soigner avec les plantes, c’est choisir de se reconnecter avec un précieux héritage mais aussi de réinstaurer la communion primordiale entre l’humain et le Vivant. Un choix qui m’apparaît à la fois éthique et logique.

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