Les plantes et l’immunité

par Frédéric Robert
Échinacée
L’arrivée de la saison froide annonce invariablement le retour des infections du système respiratoire, des bénins rhumes aux plus coriaces grippes, jusqu’aux bronchites et autres infections plus sérieuses.

Certaines personnes vont s’en tirer indemnes alors que d’autres attraperont tout ce qui passe et passeront leur hiver à lutter désespérément contre différents symptômes désagréables tels maux de gorge, congestion et toux. Pourquoi cette disparité?

L’hygiène de vie a évidemment ici un rôle à jouer. Lorsque l’on manque de sommeil, lorsque l’on a des carences alimentaires, lorsque l’on est continuellement stressé, lorsque l’on commet des abus divers, on se place en état de vulnérabilité, on diminue la capacité de notre système immunitaire à répondre à l’appel. Certaines personnes ont cependant à la base un système immunitaire moins fort ou déprimé et donc moins apte à lutter. Que faire alors?

La différence entre tonique et stimulant immunitaire

Peut-être la plante médicinale la plus connue du grand public, on peut dire que l’échinacée est également celle qui est le plus souvent mal utilisée. En effet, l’échinacée agit tel un stimulant sur le système immunitaire. Elle tire la sonnette d’alarme, mobilise les troupes, met nos globules blancs au garde-à-vous, prêts au combat. Elle se révèle donc parfaitement indiquée lors de l’apparition des premiers symptômes d’une infection quelconque. Prise sur de longues périodes, par contre, elle risque d’avoir l’effet contraire et d’épuiser le système immunitaire (à force d’être toujours en état d’alerte…). Il ne s’agit donc pas d’une plante que l’on devrait prendre en prévention (comme beaucoup de gens le font) mais plutôt sur de courtes périodes lorsqu’il y a nécessité.

Il existe cependant une autre catégorie de plantes qui agissent plutôt comme des toniques du système immunitaire. Ces plantes vont nourrir et renforcer notre immunité, augmentant notre capacité intrinsèque à nous défendre contre les agressions extérieures. Parmi celles-ci on compte l’astragale, le codonopsis, le schisandra et le reishi, toutes issues de la pharmacopée chinoise. Ce sont des plantes que l’on peut prendre de quelques semaines à quelques mois à l’automne afin de préparer notre organisme pour la saison froide. L’astragale est en plus très réchauffant, ce qui en fait un excellent allié pour les gens qui ont tendance à être toujours frigorifiés.

Que faire lors de l’apparition des premiers symptômes d’un refroidissement?

En plus de l’échinacée dont nous venons de voir l’action stimulante sur l’immunité, optez dans un premier temps pour des plantes antiseptiques réchauffantes: ail, aunée, basilic sacré, cannelle, cayenne, gingembre, hysope, romarin, thym, etc. La baie de sureau, excellent anti-viral et riche en vitamines A et C, représente aussi une alliée de premier choix. Plusieurs huiles essentielles peuvent également être mises à contribution, parmi lesquelles nous retrouvons le niaouli, le ravinsara, l’origan sauvage, la cannelle et le clou de girofle. Assurez vous également de boire suffisamment de liquide (préférablement des infusions chaudes), de ne pas surcharger votre système avec des abus de table ou d’alcool et de dormir autant que vous en avez la chance.

L’hydraste, puissant anti-infectieux à large spectre, est également une plante très amère et donc de nature froide. Elle n’est donc pas appropriée à mon sens en début de refroidissement, lorsque l’on est en présence d’un mucus clair et transparent. Par contre, lorsque le mucus devient épais et infecté, l’hydraste fera des merveilles. Compte tenu de sa puissance, on recommande de ne pas la prendre pour plus de trois semaines consécutives. Certains auteurs affirment également que l’hydraste affecte négativement la flore bactérienne.

Pour les infections du système respiratoire inférieur telles que bronchite et pneumonie, on privilégiera l’usnée barbue, une autre plante très puissante qui agit tel un antibiotique naturel et qui peut venir à bout d’à peu près tout. L’usnée est un lichen qui pousse dans nos forêts québécoises. Il est donc adapté à notre réalité hivernale. Une plante exceptionnelle à traiter avec beaucoup de respect.

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